A la rencontre d’étudiants khmers

Dimanche dernier, nous avons eu le plaisir de rencontrer autour d’un repas, dix étudiants khmers arrivés en France depuis un peu plus de 3 mois.

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  De droite à gauche et de haut en bas : Dara, Sreyna, Panha, Kaliane, Chantal, Sophorn, Soriya, Youren, Leang, Sopheak, Rotana, Chetra, Ketcia, Rotha, Virak, Tola, Léone, Rémi (Photographe).

Le réseau leur avait déjà apporté un soutien dès leur arrivée, en organisant une collecte de vêtements d’hiver. Mais ce moment privilégié fut l’occasion pour nous d’en apprendre plus sur eux. Nous avons abordé notamment les sujets de leur intégration, de leurs principales difficultés, de leur plus grand changement… L’échange est présenté sous forme de questions-réponses.

Comment avez-vous été choisi?

Nous avons dans un premier temps déposé un dossier à la Faculté de Strasbourg pour effectuer un DFMS (Diplôme de Formation Médicale Spécialisée) ou DFMSA (Diplôme de Formation Médicale Spécialisée Approfondie). La sélection se fait sur la base de nos résultats scolaires, notre lettre de motivation mais surtout sur notre niveau de français (DELF B2).

Lorsque notre dossier a été retenu, la deuxième étape a été de choisir notre hôpital de destination en France en fonction de notre spécialité (gynécologie, dermatologie, pédiatrie…).

Que pensez-vous des Français et de la France? Est-ce comme vous l’imaginiez?

La France est un beau pays, les paysages sont variés et l’architecture est très belle et intéressante. Il y a beaucoup de sites touristiques à visiter. Le pays est riche, moderne, c’est très différent du Cambodge. Cependant le climat est trop froid. C’est très dur de s’adapter !

En ce qui concerne les français, ils sont sympas dans l’ensemble mais certains sont un peu racistes. Ils sont moins accueillants que nous l’imaginions. Nous sommes victimes d’un peu de discrimination au quotidien.

 Comment faites-vous pour vous loger?

Certains d’entre nous sommes passés par l’assistance publique des hôpitaux de Paris ou encore le bureau des affaires médicales pour trouver une chambre.

D’autres étaient en contact avec des anciens étudiants ou de la famille déjà sur place..

Nous vivons pour la plupart en internat situé à proximité des hôpitaux où nous travaillons. Malheureusement nous sommes quelques-uns à habiter à plus d’une heure de transport de notre lieu de travail. C’est très fatigant.

 Qu’est-ce qui vous manque le plus?

La famille est ce qui nous manque le plus. Nous sommes nombreux à ne l’avoir jamais quitté d’ailleurs. Ne pas voir ses enfants n’est pas facile tous les jours.

Les plats cambodgiens, le climat et le sourire des khmers nous manquent aussi beaucoup.

 Quelle est votre plus grande difficulté au quotidien?

Les formalités administratives. Cela fait plus de trois mois que nous sommes ici et certaines choses ne sont pas encore réglées vis à vis de l’administration.

 La nourriture. Les plats français ne ressemblent pas du tout aux plats khmers.

Le fait d’être seul et loin de sa famille.

La durée perdue dans le transport en commun.

Le climat, la chaleur.

La barrière de la langue. Certaines personnes font des efforts pour nous comprendre et d’autres n’essayent même pas.

 Quelle est votre plus grande difficulté au travail?

La langue est un obstacle car beaucoup de termes techniques sont employés. S’ajoutent à cela les expressions et proverbes que nous ne comprenons pas.

Le rythme de travail est aussi une difficulté car il peut atteindre facilement les 10 heures par jour. De plus les français travaillent très vite et c’est dur de s’adapter et suivre leur rythme. Il faut maitriser les logiciels, s’occuper des patients, prendre des décisions, comprendre ses collègues… nous avons beaucoup de responsabilités.

Voulez-vous rester en France pour travailler ou retourner au Cambodge?

Nous voulons tous retourner au Cambodge et restituer les connaissances que nous avons acquises ici pour en faire bénéficier notre pays d’origine. Il faut aider le Cambodge à se développer.

Aussi nous ne pouvons pas imaginer vivre loin de nos familles, des cambodgiens, de leurs sourires, de nos plats, traditions, paysages, temples… !

Le Cambodge nous manque.

——–

Ces échanges ont été très enrichissants pour nous. Nous leur souhaitons de tout cœur une bonne continuation pour la suite. Ils représentent l’avenir du Cambodge et pour cela, ils ont tout notre soutien.

Le bureau KPN

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